Rencontre avec EZK, street artist engagé

EZK. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais vous avez certainement déjà vu l’une de ses œuvres. Des pochoirs aux punchlines détonantes.

Sous cet acronyme se cache un Eric ZeKing, un frenchie de 35 ans. Son projet « Art Against Poverty » met en lumière un point qui lui tient à cœur : le problème de la répartition des richesses.

Admirateur de grands noms du street art comme Jeff Aerosol, Banksy, André Saraiva ou encore Shepard Fairey, EZK a la vie comme source d’inspiration.

Qui est-il ? Un street artist très sympathique qui a pris le temps de répondre à mes questions ! Mais encore ?

EZK - Pas de Cartier

EZK – Pas de Cartier

« Le street art est une passion à plein temps »

Q : Depuis combien de temps fais-tu du street art ?

R : Je dessine depuis que je suis petit. Plus grand, je me suis dirigé vers le street art, et notamment le graff. Mais en fait, ce style d’art urbain ne me correspondait pas, trop répandu et trop connoté « dégradation ». Et un jour, je me suis penché sur les pochoirs. Mais le street art est plus qu’une passion : j’y pense tout le temps !

Q : C’est ton métier à plein temps ?

R : une passion à plein temps ! (rires). Une addiction. Mais non, ce n’est pas mon métier. Je travaille à côté, mais j’ai aussi ma boutique en ligne où je vends quelques créations.

« La rue est une galerie en plein air ! »

Kalach Nike Off - EZK

Kalach Nike Off – EZK

Q : Pourquoi avoir choisi le street art plutôt qu’une autre forme d’art ?

R : Parce que je ne suis pas très doué pour les aquarelles (rires). Parce que j’ai envie de faire passer un message au plus grand nombre possible. Et quoi de mieux pour faire passer un message que de l’exposer dans la rue ? C’est la plus grande galerie du monde !

« Je veux faire passer mon message au plus grand nombre »

Q : Justement, ton projet « Art Against Poverty » est clairement engagé. Quels messages souhaites-tu faire passer ? Quelles réactions souhaites-tu susciter ?

R : Un jour, j’ai une illumination en regardant un reportage. Je ne regarde pas souvent la tv, et je suis tombé sur un doc sur Louis Vuitton qui était annonceur ou sponsor pour un truc en rapport avec la répartition des richesses. J’ai trouvé ça…fou ! C’est là que j’ai eu l’idée de mon pochoir « Dans quel monde Vuitton ? ».

Ce que je veux, c’est amener les gens à réfléchir. Je ne suis pas prêcheur de bonne parole, je veux juste que les gens prennent du recul, qu’ils sortent de leur petite bulle.

I'd just want twitt' - EZK

I’d just want twitt’ – EZK

Q : Les lieux où tu fais tes pochoirs sont donc minutieusement choisis ?

R : Mon objectif, c’est que mes pochoirs soient vus. Alors je les fais dans des endroits de passage.

Par exemple à Gare du Nord : je ne sais pas combien de milliers de personnes y passent par jour, mais imagine que ton pochoir y soit bien placé. Il peut être visible par des milliers de personnes. Et ces personnes vont peut-être s’arrêter, prendre une photo…je sais que certains street artist font leurs œuvres dans des coins cachés. C’est leur choix.

Moi, je veux que mes pochoirs soient vus. Surtout pas pour une pseudo « célébrité », mais simplement pour la transmission du message.

« Je fais mes pochoirs en pleine journée »

Q : L’art urbain est encore considéré comme de la dégradation de matériel urbain. Du coup, à quel moment de la journée fais-tu tes pochoirs ?

R : Le matin, l’après-midi, la nuit…n’importe quand. Souvent, je les fais en pleine journée. Ca me prend 3min à faire (le temps de sortir mon pochoir, la bombe, et hop !).

Si je trouve un endroit intéressant où faire mon pochoir et que j’en ai sur moi, je le fais directement. Parfois les gens s’arrêtent pour regarder ce que je fais. Et si je n’ai pas mes pochoirs, je géolocalise l’endroit dans mon téléphone. 

EZK Street art

EZK Street art

Q : Avant « Art Against Poverty », tu avais le projet « Art Wars ». Quels messages souhaitais-tu faire passer ?

R : « Art Wars », c’était pour montrer la guerre qu’il y a dans le monde du street art. C’était mes premiers pochoirs, il y a environ un an. Le début de ma « crise de création ».

Je voyais des street artist mécontents que d’autres tagguent sur leurs graff. Le Stormtrooper est une icône emblématique de Star Wars, et la typo collait bien.

Q : As-tu d’autres projets en tête ?

R : Je travaille actuellement sur un nouveau pochoir pour mon projet « Art Against Poverty ». Un pochoir de 1.7mètres de long. Ca fait 2 semaines que je suis dessus !

J’aime l’idée de mêler une marque à mes pochoirs (pour les jeux de mots, pas que je sois sponsorisé). Une image + une phrase choc à côté. Je fais aussi des pochoirs que je ne signe pas, dans différents endroits. Ce sont des pochoirs pour ma fille !

Durant l’interview, j’avoue à Eric que je ne suis pas une street artist, mais que je me contente de photographier ces œuvres éphémères. Sa réponse : « Ah bon ?! Tu devrais te lancer ! Mais attention, c’est addictif ! ». Certainement la meilleure des addictions !


Où trouver les oeuvres d’EZK?

En allant à la galerie NUNC

En visitant son site internet et instragram @ezkstreetart

En vous baladant à Paris, Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Angers…